Lundi 19 juin 2006
D'après mon dictionnaire virtuel Antidote, la routine est un ensemble d'actions répétitives et monotones. Je déteste particulièrement le mot: monotone. C'est un mot qui se caractérise particulièrement bien lui-même.
Sauf que la routine a quelque chose de sécurisant, en même temps. Ma routine n'a rien de plate ni manque de variété. C'est plutôt:
- le monsieur retraité qui fait sa marche de santé le matin sur la même rue, hiver comme été, pluie ou soleil, à la même heure.
- les deux mêmes jeunes ados qui se rendent à leur arrêt d'autobus à la même heure chaque matin
- l'araignée qui a sa toile reliée à un de mes pots de fleurs et qui sort à chaque fois que je l'arrose parce que l'eau sur sa toile lui fait penser que c'est une bibitte de pogné dedans
- le même itinérant qui vocifère des injures à lui même en anglais sur le même coin de rue au centre-ville
- les mêmes collègues qui arrivent aux mêmes heures et qui passent devant mon bureau en me disant bon matin
- les mêmes personnes dans mon wagon soir et matin
- les mêmes conversations avec l'adjointe de mon chiro sur la température et les fleurs
- la même caissière à mon épicerie qui sait que j'ai mon sac de toile avec moi, qui connaît mes habitudes alimentaires et que moi je sais qu'elle a une tendinite au poignet droit
- la petite voisine qui rit et qui, inévitablement, va pleurer dans 5 minutes à sa mère parce que son frère lui a twisté le bras dans la balançoire
Si ça n'existait pas ou plus, je me poserais des questions. Je sais qu'éventuellement, l'araignée et le monsieur retraité vont mourir, mes visites chez le chiro vont se terminer, les ados vont obtenir leur diplôme, la petite voisine va déménager, la caissière va monter en grade, l'itinérant va se retrouver sur un autre coin de rue, mes collègues vont quitter et les gens dans le wagon vont migrer ailleurs. C'est une routine temporaire en constant changement et qu'une autre petite routine va la remplacer. On n'aime pas la routine mais on serait mal sans elle. Comme dirait Coelho:
''Excepté quelques cas pathologiques graves, les gens deviennent fous quand ils essaient d'échapper à la routine''.
Publié par La Callas
à 2006-06-19 20:18:23
Permalien |
|